Le Bal des débutantes: Magie d’un soir

Le mardi 7 janvier, à 21h30 heure locale sur la chaîne “Future”, a été diffusé le 16e Bal des débutantes et au fond, je ressens une sorte d’appréhension: Peur que les 21 débutantes dont je fais partie soient traitées de blasées, de pourris gâtées, d’égoïstes face à un pays qui se déchire sous nos yeux. Mais pour être honnête, je m’en moque royalement de tout ce qu’on pourra dire à mon égard. Et pour cause, je ressors de cette expérience qu’est le bal des débutantes la tête haute. Fière d’avoir contribué à l’achat de deux ambulances qui pourront transporter les victimes dans les régions de l’arrière pays vers les postes de la croix rouge. Fière d’avoir porté et montré au monde le talent des stylistes libanais qui se sont donnés du mal pour que chacune des débutante soit la princesse d’un soir.
“Princesse”, ce mot à lui seul pourrait déclencher des polémiques auxquelles je peux répondre: Quel mal y a-t-il à s’évader du tic-tac des bombes à retardement pour retomber en enfance et n’appréhender qu’une chose, les douze coups de minuit qui ramèneront Cendrillon à la réalité. Mais à vrai dire, chacune d’entre nous, débutantes, a bien les pieds sur terre. Nous sommes toutes conscientes de la situation du pays, mais devrions-nous avoir honte? Non je ne pense pas. Pourquoi avoir honte de joindre l’utile à l’agréable? Cette ambiance qui a réchauffé nos coeurs le soir du 2 novembre 2013 durant lequel nos proches applaudissaient lorsque retentissaient nos noms et prénoms, village ou ville d’origine: “Nabattieh, Tannourine, Trablos, Ras Beyrouth” ou encore ceux de pays comme le Brésil, les Etat-Unis, la France ou le Sénégal. Que nous reprochez-vous: L’unité? La famille? L’amitié? Ou le bonheur éphémère dans un pays ou l’avenir des jeunes reste incertain?
Je suis fière d’être devant mon ordinateur, à écrire des mots qui ne font pas allusion à la politique et encore moins à la religion. Ce complexe infernal n’était pas sur la liste des invités du bal, organisé et présidé par des femmes hors du commun. Ces femmes se sont données corps et âmes pour faire de cette nuit-là une soirée magique sous le thème féerique de Venise. Je salue la présidente Mme Régina Fenianos et toutes les personnes qui se sont chargées de l’organisation impeccable pour gâter le Liban de la tradition internationale du Bal des Débutantes. Le Liban retrouve par l’intermédiaire de ces festivités le status de perle du Moyen-Orient prête à rayonner grâce à la chaleur de son ambiance, la richesse de sa culture, le talent de ses artistes et la persévérance de ses citoyens qui repousseront toujours plus loin la tristesse en combattant le désespoir par des sourires éternels et un moral d’acier.
Grâce à ce bal j’ai rencontré 20 filles en or avec lesquelles j’ai crée des liens forts. Grâce à ce bal j’ai également rencontré 20 cavaliers et tous ensemble, nous formons une famille dans tous les sens du terme. Ensemble, nous avons partagé des moments mémorables grâce à la multitude des éclats de rire: les faux pas, la chorégraphie finale sur “C’est la vie”, les répétitions interminables et tant d’autres détails que seuls les concernés pourraient comprendre. En quelques mots je dirais: Le Bal des débutantes est une expérience des plus enrichissantes sur tous les plans, une occasion de montrer au monde que le nom du Liban peut apparaître dans d’autres catégories que celle des conflits et surtout, une soirée inoubliable placée sous le signe de la paix, la beauté du moment présent, la joie et l’harmonie.
Julie Sammouri

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